Renaud, toujours debout au Zénith de Paris

Je vous en avais parlé dans mon article sur mes envies pour l’automne : je devais aller voir le concert de Renaud au Zénith, dans le cadre de son Phénix Tour. J’ai été biberonnée à un certain nombre de chanteurs, qu’on écoutait en boucle à la maison ou en voiture, et Renaud en faisait partie : un incontournable de la chanson française ! J’avais un peu peur d’être déçue : que nenni, le concert était largement à la hauteur de mes attentes, et je m’en vais vous raconter tout ça.

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Avant de commencer, je tiens à vous présenter mes excuses : je n’ai pas pu prendre de photos puisque les appareils étaient interdits dans la salle – mais ce n’est pas plus mal, comme ça j’ai profité à fond. La première partie était assurée par Gauvain Sers, un chanteur à textes dont je n’avais absolument jamais entendu parler. Musique agréable, le tout était sympa mais sans plus, ou en tout cas pas spécialement original. Et puis surtout, on attendait tous avec impatience le « héros » de la soirée : forcément, ça a tendance à affadir un peu ce qui passe avant. Et puis, autour de 20h40, l’ambiance monte dans la salle et on commence à sentir une certaine agitation : certains avaient repéré le chanteur derrière l’écran qui barrait la scène. Et voilà : l’écran tombe, pas de chichis, et Renaud entonne sa première chanson de la soirée, bien sûr Toujours Debout – le premier single de l’album qu’il a sorti récemment. La chanson a beau être récente, le concert a beau avoir tout juste commencé, la magie opère tout de suite : le public de Renaud répond tout de suite présent et chante en choeur. Une petite frayeur au début tout de même : bronchite oblige, la voix était encore plus abimée qu’a l’accoutumée (c’est dire !) – heureusement, après quelques minutes, il n’y paraissait (presque) plus. C’est un spectacle extrêmement riche qu’a offert le chanteur. La scénographie était très minimaliste, fidèle à l’artiste – mais finalement, il n’y avait pas besoin de tellement plus. Pour les chansons les plus récentes, un écran diffusait des images d’animation à l’arrière de la scène, créant une sorte de décor mouvant avec les chansons. Pour certaines, c’était très réussi : naviguer dans la librairie en même temps que le chanteur nous livrait la très jolie Les Mots, c’était une bonne idée ; en revanche, dans d’autres cas (comme pour J’ai embrassé un flic) c’était moins probant. Mais qu’importe ! Le chanteur, lui, était toujours là, enchaînant les chansons sans temps mort, racontant une petite anecdote par ci, faisant une remarque par là, se permettant des blagues avec son public (à une jeune fille qui disait être celle dont il venait de parler pour présenter Manhattan-Kaboul, il répond « non c’était pas toi – elle était beaucoup plus belle !« ).

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(c) Yann Orhan

Une trentaine de chansons, un set de plus de 2 heures, un medley de chansons anciennes et récentes, connues ou moins connues, mais quel que soit le titre interprété, la foule répond toujours présent. C’est peut-être dû à cette espèce de nostalgie qui semble flotter dans la salle à partir du moment où l’artiste a lancé le spectacle. Drôle de nostalgie d’ailleurs ! Qui opère quelle que soit l’ancienneté de la chanson, quel que soit l’âge des spectateurs. Comment expliquer ce sentiment qui saisit jusqu’aux étudiants d’une vingtaine d’années, lorsqu’un chanteur qui a démarré sa carrière vingt ans avant leur naissance reprend des chansons qui ont plus de 30 ans ? Peut-être est-ce dû à la poésie qui émane des paroles de Renaud, une poésie intemporelle et qui touche chacun d’entre nous. Peut-être est-ce parce qu’il évoque des sujets qui sont toujours d’actualité : la révolte adolescente face aux études, le voisinage, la violence et la guerre, et plus récemment le terrorisme ; peut-être aussi parce que ses paroles sont parfois empreintes d’un humour dont on ne se lasse pas tant les bons mots et les jeux sur l’argot font partie du « langage Renaud ». Car finalement, c’est bien cela : il a inventé une forme de langage, un genre de poésie, en mêlant littérature, références et registre familier ; en parvenant à une certaine musicalité alors même que ses titres sont souvent plus parlés que chantés. Cette nostalgie, c’est aussi peut-être parce que Renaud représente un petit bout de notre identité finalement, lui qui marque le monde de la chanson depuis bientôt 40 ans, dont la vie a été suivie par les médias – lui dont tout le monde connaît au moins Mistral Gagnant, si ce n’est L’Homme qui prend la mer ou Marche à l’ombre. Loin de s’essouffler, l’enthousiasme n’a fait que grandir au cours du concert. Et lorsque le chanteur (ou poète ? ou les deux ?) revient pour le rappel et qu’il entame un pot-pourri de chansons qu’il n’a pas le temps d’interpréter en entier, la salle est électrisée : standing ovation, la foule reprend à tue-tête et à l’unisson les titres qui s’enchaînent, passant sans difficulté de La mère à Titi à Miss Maggie en passant par l’inévitable Laisse béton.

Bien sûr, cela reste Renaud et il ne faut pas compter sur ce concert pour s’adonner à des pogos endiablés ou espérer une ambiance de rave party. Mais on ressort satisfait d’avoir pu partager un petit moment de sa soirée avec le chanteur, content de voir que oui – définitivement, Renaud est Toujours debout. Surtout, on ressort apaisé : il est de ces chanteurs qui, le temps qu’on les écoute, donnent une formidable impression d’unité. Et, en ce moment, être un peu unis pour quelques autres, ça fait du bien. Même si ce n’est que le temps d’un concert.

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