Une Nuit Blanche en demi-teinte

Bonsoir à tous ! Nous sommes maintenant au mois d’octobre (j’imagine que cela ne vous aura pas échappé) et, comme tous les premiers week-ends d’octobre depuis plusieurs années, la mairie de Paris organisait la « Nuit Blanche » – pour les novices, c’est tout simplement l’organisation d’évènements culturels pendant la soirée ou la nuit (qu’il s’agisse d’évènements inédits ou de simples ouvertures de musées au public et en nocturne).

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Le « parcours officiel » de cette année, basé sur la quête du héros Poliphile pour trouver son amour perdu, me paraissait un peu long et pour tout dire pas franchement attrayant. Les animations n’étaient pas toutes spécialement exceptionnelles – à mon sens, cet avis n’engage que moi bien sûr – et j’ai préféré me tourner vers les événements « hors parcours ». Dans cette catégorie au contraire, énormément de choses étaient tentantes – j’ai fini par faire un choix pour deux lieux dans lesquels je me rends très rarement (si ce n’est jamais) : la Fondation Louis Vuitton et le Viaduc des Arts. Cela faisait un moment que je voulais retourner à la Fondation, car l’installation colorée de Daniel Buren avait l’air plutôt impressionnante et qu’on m’en avait dit beaucoup de bien. Comme pour la Nuit Blanche l’entrée était libre, j’ai sauté sur l’occasion direction le Bois de Boulogne ! De jour, voir la carcasse reconnaissable entre mille du bâtiment qui abrite la Fondation Louis Vuitton est assez impressionnant, surtout lorsque le soleil se reflète sur les multiples vitres. Mais de nuit, lorsque le bâtiment est éclairé de l’intérieur et que surgissent dans la nuit les carreaux multicolores et translucides de Daniel Buren, c’est encore tout autre chose. Ajoutez à cela le bassin à niveaux, dont chaque marche est éclairée d’une lumière bleutée, et les arbres qui bordent la rampe d’accès, à moitié bleus à cause des reflets : vous obtenez une ambiance très particulière, un peu mystérieuse, un peu magique. Pour la première fois, j’ai compris en quoi le bâtiment de la Fondation devait ressembler à une coque de bateau. Le chemin extérieur et ses multiples miroirs prend lui aussi une dimension toute particulière à la nuit tombée : les lumières artificielles jaunes se reflètent à la fois dans les bassins et dans l’eau, des morceaux d’installation Buren surplombent les visiteurs… La fondation était d’ailleurs quasiment vide ce soir-là, à mon grand étonnement ; et honnêtement, il y a plus désagréable que se promener seul sur une terrasse verdoyante avec une vue imprenable sur tout Paris illuminé.

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Si sur l’aspect esthétique de la fondation il n’y a rien à redire donc, c’est un peu différent concernant les performances qui avaient lieu à l’occasion de la Nuit Blanche… Des artistes – orateurs, poètes, artistes de théâtre, musiciens… – avaient été invités à se produire toute la nuit au sein du bâtiment, tout en étant diffusés en direct à la radio. Jusque-là, tout va bien. Mais, je ne sais pas si je suis arrivée à un moment inadéquat ou si la sélection était tout simplement un peu ratée, ou peut-être encore que mon esprit artistique n’est pas encore assez développé pour saisir ce type d’œuvres… toujours est-il que je suis restée à écouter les artistes une vingtaine de minutes avant d’abandonner. Le premier déclamait en anglais un poème (le prospectus indiquait « lecture performée ») que, selon ses dires, lui avait inspiré un rêve dans lequel Donald Trump et lui s’enlaçaient tendrement. Le second récitait seul une pièce de théâtre comprenant plusieurs personnages, alternant les moments où il parlait en direct et ceux où il enclenchait un dictaphone sur lequel sa propre voix était enregistrée, le tout en jetant ses feuilles d’un air rageur par terre. Le dernier enfin poussait des bruits de gorge sans queue ni tête – l’œuvre était intitulée « hhhouõguueu (bruit de gorge) ». Bref, j’ai préféré me promener dans la fondation sans me soucier de ce qui se déroulait autour de moi et dont j’avais de toute façon du mal à saisir la portée artistique ou esthétique. Autre bémol d’ailleurs : toutes les salles étaient fermées car « en cours d’installation ». Il me semble dommage d’ouvrir gratuitement ses portes au public le temps d’un événement culturel, mais d’empêcher, dans le même temps, l’accès aux collections…

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Après cette demi-déception (demie seulement car encore une fois, voir le bâtiment dans ces conditions était vraiment agréable !), direction le Viaduc des Arts, près de la Gare de Lyon dans le XIIème arrondissement. Cet endroit abrite de nombreuses galeries, salles d’expositions, boutiques diverses et variées et restaurants dont certains, pour l’occasion, s’étaient transformés en salles d’expos. Il s’agissait plutôt d’une balade que d’un événement central et défini à proprement parler : chaque arcade du viaduc abritait sa petite animation, entre jeux de rôles, concert de musique latino où passants et musiciens dansaient ensemble (un petit air de fête de la Musique avec 15 degrés de moins !)… Par hasard, je suis tombée sur une galerie d’art contemporain. Une minuscule exposition y avait lieu – « Portraits d’aveugles ». L’idée était, pour l’artiste, d’avoir des entretiens avec des personnes aveugles afin de cerner leur personnalité, puis de les photographier. Un extrait de l’entretien était ensuite imprimé à côté du portrait, ainsi que sa transcription en braille. Le tout tenait dans une toute petite salle, il n’y avait pas d’autres explications, rien mais c’était néanmoins extrêmement touchant – et l’idée, réunir des moyens de communication accessibles tant aux non-voyants qu’aux voyants, permettre de porter un autre regard sur ce handicap, était assez jolie à mon sens. Pour le reste, cette promenade au Viaduc des Arts était agréable mais sans plus : en-dehors des quelques œuvres accessibles, il s’agissait surtout d’un lieu où se réunir pour boire un verre dans un cadre convivial – ce qui est très chouette aussi, mais que l’on peut faire tous les weekends de l’année, si ce n’est tous les soirs !

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Bref, Nuit Blanche 2016 a eu ses points sympathiques, mais c’était surtout – à mon sens – un événement en demi-teinte. Attendons de voir ce que l’édition 2017 réservera ! Et, si vous avez eu d’autres échos plus positifs, je serais ravie d’en entendre parler !

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