Aller écouter une conférence à Dauphine

Parmi mes résolutions de rentrée, l’une d’entre elles était de moins me mettre la pression et de prendre le temps de faire des choses dont je me suis un peu privée les années précédentes de ma licence. Dans la mesure où pour l’instant, ma dose de travail est largement surmontable, je n’ai pas eu tellement de mal à m’y tenir ! Et donc j’ai décidé la semaine dernière de faire une chose que je n’avais plus faite depuis presque trois ans : aller voir une conférence. Ça m’a un peu pris sur un coup de tête et j’avais peur de ne pas trouver d’évènement qui corresponde à mes envies, mais le karma devait être de mon côté puisqu’en quelques clics, j’ai trouvé une conférence à l’Université Paris-Dauphine, qu’en plus je n’avais jamais eu l’occasion d’aller voir. Du coup, pas d’hésitations, je me suis inscrite et hop ! je me retrouvais embarquée dans une conférence intitulée « Quelle politique de contre-radicalisation pour la France ?« .

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Oui, il y a plus sexy comme sujet, je sais ; et c’est un thème un peu plus lourd que ceux que j’aborde d’habitude sur ce blog. Ceci dit, je trouvais – et je trouve toujours – le thème intéressant. Vous le savez, je suis férue d’actualité au point de vouloir en faire mon métier, et les deux années qui viennent de s’écouler ont montré à quel point il est on ne peut plus actuel et crucial de trouver un rempart contre la radicalisation. Et l’intervenant n’était pas des moindres puisqu’il s’agissait de Pierre Conesa, politologue et spécialisé depuis quelques années dans les questions liées au radicalisme et au djihad. Certes, ce n’était pas une conférence de ce type qui risquait de me détendre ou de me reposer les neurones après une journée d’amphis, mais ça promettait au moins d’être enrichissant !

Ça promettait, oui. Mais j’ai finalement été assez déçue… Rien à dire du côté de l’organisation : les visiteurs étaient installés dans une salle très confortable et dédiée aux conférences (en plus intitulée la salle Raymond Aron, franchement, pour une conférence de sciences politiques on ne pouvait pas mieux choisir !), l’évènement a débuté à l’heure, il n’y a pas eu de problèmes techniques… Pour le coup, l’université a bien fait son travail et il n’y a rien à leur ôter de ce côté-là. En revanche, Pierre Conesa – dont je pense, nous étions nombreux à en attendre beaucoup vu ses fréquentes interventions dans les médias et ses récentes publications – n’a pas forcément rempli sa mission au mieux. Attention, je ne dis pas que la conférence était parfaitement inintéressante – ce n’est absolument pas le cas. Le politologue a fait un rappel bienvenu de l’historique récent de l’islam de France (la fin de la guerre d’Algérie, l’immigration de 2ème puis 3ème génération, la marche des beurs, SOS Racisme…) ; il a aussi clarifié certains points liés aux particularités du salafisme, et a mis en évidence que si des moyens sont développés sur le versant scolaire et sur le versant répressif afin de lutter contre la radicalisation, finalement assez peu de choses sont faites en termes de politique étrangère mais aussi de retour réflexif sur les différentes actions que la France a pu mener à l’international ces dernières années. Tout ceci était loin d’être sans intérêt. Seulement, cela ne répondait pas vraiment au thème de la séance et aurait plutôt correspondu à une conférence « Comment en sommes-nous arrivés là ? » – ce qui, encore une fois, est passionnant et qu’il est très important de se demander, simplement ma déception vient du fait que je n’ai finalement pas vu la conférence à laquelle je me préparais à assister, et que j’ai obtenu des réponses sur des points qui étaient déjà moins flous à mes yeux. D’ailleurs, cette déception était, d’après les commentaires que j’ai pu entendre en sortant, plutôt partagée.

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Un point largement positif quand même ! Après la présentation de M. Pierre Conesa, est venu le temps des questions. Et si l’intervenant avait été moyennement convaincant au cours de son monologue, il a en revanche été très réactif aux questions posées, de sorte que l’échange entre les spectateurs et lui apportait vraiment quelque chose. Il y a notamment eu une question relative au fait que l’islam était finalement une religion assez jeune, et qu’au même « âge », le christianisme était tout aussi violent – les croisades n’ayant pas été des moments particulièrement glorieux. Il fallait donc savoir, pour la personne qui s’adressait à M. Conesa, si l’état actuel de l’islam n’était pas celui de toute religion avant qu’elle évolue vers un mode plus calme de fonctionnement. Et le politologue de répondre – entre autres – par une citation de Chateaubriand : « Les religions naissent, puis deviennent violentes, puis disparaissent.« . Malgré la déception de ne pas avoir vu ce à quoi je m’attendais et m’étais préparée, je n’ai pas le sentiment d’avoir perdu une partie de ma journée – et je pense revenir à une conférence mise en place par la même association de Paris-Dauphine, puisque les organisateurs ont annoncé le programme, et dans quelques mois il y aura une conférence sur le Brexit – qui pourrait être assez chouette elle aussi !

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